Aider un proche à parler de ses troubles auditifs

La perte d’audition est un sujet délicat à aborder. Pourtant, l’entourage joue un rôle primordial dans la prise de conscience du problème et dans la motivation à trouver des solutions. Si vous avez décelé des signes distinctifs d’un trouble auditif chez un proche, ouvrez le dialogue et tentez de lui faire parler de ses impressions.

Trouble d’audition : pourquoi il ne faut pas attendre pour en parler ?

Le plus souvent liée au vieillissement du système auditif, la baisse auditive s’installe dans 90% des cas de manière progressive. La personne touchée aura donc tendance à construire naturellement des stratégies pour compenser ou dissimuler sa perte auditive mais sans être forcément consciente de son trouble. Le risque, dans ce cas, est de laisser le problème s’installer insidieusement et de favoriser une progression de la baisse d’audition. Les conséquences peuvent être graves pour la santé.

La baisse auditive est irréversible une fois engagée

Contrairement aux idées reçues, la baisse auditive n’est pas passagère et, en général, cela ne s’arrange pas avec le temps. Une fois engagée, elle progresse continuellement, de manière lente mais de façon irréversible.

Tarder à s’équiper d’un appareil auditif rend le ré-apprentissage des sons plus long

Une audition normale nous permet d’accéder au quotidien à une multitude de sons. Lorsque l’audition baisse, le cerveau ne reconnaît plus certains sons, et ceux-ci disparaissent de notre champ auditif. Le fait d’être équipé d’un appareil auditif nous redonne accès à ces sons, mais cela demande un réel apprentissage pour les assimiler à nouveau. Plus on attend pour porter un appareillage auditif et plus il y aura de sons à réapprendre, ce qui rendra le réapprentissage plus long et fastidieux.

Les troubles de l’audition impactent la vie sociale

Une baisse d’audition qui s’installe a des répercussions non négligeables sur la vie sociale. La personne souffrant de troubles auditifs modifie son comportement dans ses relations aux autres : stratégie de retrait, d’évitement des situations devenues compliquées (les repas en groupe, les sorties au restaurant, les conversations dans des environnements bruyants…). Il en résulte une vie sociale considérablement appauvrie avec, à terme, le risque de sombrer dans une déprime voire une dépression.

Une baisse d’audition non traitée peut dégrader les capacités cérébrales

Le cerveau étant une composante du système auditif, il est en permanence sollicité par les informations d’origine sonore. La baisse de l’audition a pour conséquence que les zones corticales traitant les informations auditives sont moins stimulées. A terme, le risque de dégénérescence des capacités cérébrales est présent. Dans l’étude française Paquid datant de 2015, Hélène Amieva confirme que le déclin cognitif est plus important chez les personnes âgées ayant un trouble de l’audition. Il y aurait également un lien fort entre baisse auditive et survenance de la maladie d'Alzheimer. Cette étude suggère enfin qu'un appareillage auditif chez les personnes ayant une perte auditiev permet de limiter la diminution des capacités cérébrales.

Convaincre un proche de faire un test auditif

Il n’est pas facile de convaincre un proche de consulter un spécialiste de l’audition. Les questions associées à la perte d’audition sont souvent taboues et la personne malentendante reporte parfois la faute sur son entourage en pensant que les autres parlent en marmonnant. Elle peut également ne pas être consciente de son trouble auditif.

Aider un proche à reconnaitre son trouble auditif

La phase la plus difficile est probablement celle qui consiste à aider le proche à accepter sa baisse d’audition. La personne touchée traverse généralement une période de déni qui peut être plus ou moins longue. Celle-ci peut durer de 5 à 7 ans, ce qui est considérable lorsque l’on connaît les conséquences d’une prise en charge tardive. Pour accompagner un proche dans cette phase et l’inciter à aller consulter, il faudra donc faire preuve de beaucoup d’empathie et communiquer sur le registre des émotions. Par exemple, en demandant à la personne ce qu’elle ressent lorsqu’elle ne comprend pas bien ce que les personnes qui lui sont chères (petits-enfants, conjoint…) lui disent ou lorsqu’elle ne parvient pas à participer à une discussion de groupe. Cet échange doit avoir lieu dans un endroit calme, à un moment opportun, où la personne est disposée à nous écouter, et sans la présence d’une tierce personne.

Faire un bilan auditif

Il est primordial de faire comprendre à la personne souffrant d’un trouble d’audition que l’on souhaite seulement l’aider à améliorer sa qualité de vie. Il ne sert à rien de la forcer à passer un bilan auditif. C’est uniquement par l’écoute, l’échange d’opinions de manière calme et rassurante que l’on pourra convaincre un proche à consulter. Une fois que la personne a décidé d’effectuer un test d’audition, on peut lui proposer de l’accompagner dans cette démarche. On peut, par exemple, s’occuper de la prise de rendez-vous ou encore se rendre avec elle dans un centre auditif Amplifon.